VO2A – Du 31 Juillet au 5 Août 2008

VO2A met NA-194 et 205 en ondes

par Cezar Trifu, VE3LYC

Depuis longtemps je voulais être à l’autre bout de l’empilage, non seulement pour l’euphorie et l’expérience, mais aussi afin de donner ma propre contribution à l’hobby pour tant de magnifiques et inoubliables moments que j’ai savourés au long des années. Pourtant, quand quelqu’un comme moi a plus de 900 IOTA confirmées, celle qu’il mettra en ondes sera évidemment une rareté et par conséquent ça ne va pas être tâche facile.

Finger Hill Is., nord du Labrador
Au début de cette année, Ken (G3OCA) et moi avons décidé de nous diriger vers les groupes d’îles NA-194 et 2 05 au centre et au nord du Labrador. Voilà quelques raisons de notre choix. Tout d’abord, ces groupes ont été activés une seule fois, il y a 14 et respectivement 13 ans et de ce fait, ils sont sur la liste des IOTA les plus recherchées. En deuxième, j’ai toujours voulu voir de mes propres yeux le paysage accidenté et admirer la beauté austère du Labrador. En troisième, ces îles se situent dans la contiguïté des régions très peuplées d’Europe et d’Amérique du Nord. Cela permet de bons contacts radio même maintenant, quand on est au plus bas du cycle solaire.
Paul Is. (centre), Labrador central
Notre base a été installée à Nain, la communauté la plus nordique au Labrador. A l’aide de Fran et Brian Williams qui habitent là-bas, j’ai contacté Paul Fenton, un guide professionnel avec Labrador Wild North Expeditions (LWNE), qui a paru enthousiaste et très déterminé. Les îles du Labrador central et nordique posent différents problèmes logistiques à cause de la présence potentielle des animaux sauvages, surtout des ours polaires et noirs. Après avoir fait une évaluation attentive, nous avons décidé que Finger Hill Is. et Paul Is., verifiées et pré-approuvées par le manager du programme IOTA, constitueront notre destination pour NA-194 et 205. Elles seront aussi des nouvelles références pour le Diplôme des Iles Canadiennes (NF-73 et 74).

Nous avons emporté à Nain peu de bagages: la TS50 de Ken et mon IC-7000, deux antennes à fil vertical, sacs de couchage, quelques vêtements et objets de toilette. A la demande de Paul, nous n’avons pris aucun insectifuge aérosol car cela aurait pu affecter l’odorat de Snook et Eiger, les deux chiens qu’il allait emmener dans cette expédition. Puisque Finger Hill Is. se trouve à 160 km N-NE de Nain, nous avons décidé de nous y rendre plutôt en hélicoptère qu’à bord d’un navire de gros tonnage. L’avantage de hélicoptère consiste dans sa disponibilité fiable et le rapide déploiement, en évitant de cette manière un long voyage et un débarquement potentiellement dangereux sur ces rivages rocheux. Le trajet vers Paul Is. a été beaucoup moins exigeant, car cette île est située à peine à quelques kilomètres de Nain.

Ken et moi, nous sommes rencontrés à Halifax le 28 juillet et le lendemain matin avons pris un vol vers Goose Bay où nous avons traîné pendant cinq longues journées, en attendant une occasion vers Nain. Malgré le beau temps à Goose Bay, à cause du plafond nuageux bas le long de la côte nordique, tous les vols vers le nord ont été annulés jour après jour. Finalement, le 4 août à midi, nous nous sommes embarqués à bord d’un avion Otter à deux moteurs qui devait nous amener à Nain, après avoir fait un petit arrêt dans chacune des cinq habitations qui parsèment le trajet. Nain est une communauté de 1200 habitants qui fait partie de Nunatsiavut, le territoire inuit du Labrador. Nous sommes arrivés vers 15 heures et nous avons été accueillis par Paul, qui nous a annoncés qu’on allait partir dans deux heures à destination de Finger Hill Is. Enfin, après avoir langui presqu’une semaine entière, nous démarrions à pleine vitesse!
Gary – le pilote de l’hélicoptère, nous trois et les deux chiens bien entassKen, Cezar et Paul avec Snook et Eiger après l’atterrissage sur Finger Hillés dans la cabine, avons décollé en direction de notre destination-cible. A mesure qu’on avançait vers le nord, les arbres disparaissaient rapidement et les crêtes des îles se levaient de plus en plus au-dessus de l’océan. Une fois arrivés en haut des rives rocheuses de Finger Hill Is., Paul a demandé à Gary de survoler la zone d’atterrissage afin de jeter un coup d’oeil sur la faune. Quelques minutes plus tard Gary a posé doucement sa machine volante pendant que nous regardions comme des visiteurs d’un autre monde le paysage austère à proximité immédiate d’une immense falaise volcanique verticale.
Sans délai, Paul s’est mis à installer les tentes et la clôture anti-ours pendant que Ken et moi travaillions à ériger les antennes et préparions les radios. Nous avions deux tentes d’opération situées à 30-40 m l’une de l’autre, celle de Paul au milieu, entre elles. Malheureusement, plusieurs tentatives ont prouvé l’impossibilité, à cause de l’interférence, de travailler simultanément tel que nous l’avions planifié initialement. Ainsi, nous avons décidé que j’allais travailler durant la nuit sur 30 m CW, tandis que Ken allait se reposer et être prêt à prendre le relais sur 20 m SSB le lendemain matin.

En ondes avec une seule station, la tension montait. Après quelques appels, j’ai dû faire face à un considérable empilage, qui s’est poursuivi toute la nuit. Le moment le plus gratifiant sur la 30 m a été quand les stations VK et ZL ont signalé leur présence dans le court laps de temps anticipé pas l’analyse de la propagation. Tôt le matin, j’ai commuté sur la 20 m CW pour donner une chance aux stations japonaises et de l’Extrême Orient. Plusieurs stations européennes ont ignoré au début mes appels directionnels, mais ensuite elles ont saisi mon intention et coopéré.
Dès que la propagation avec l’Extrême Orient a ralenti, Ken était prêt à prendre la relève, faisant une belle figure face à « l’attaque » des stations EU et NA sur 20 m SSB. Paul, qui avait passé toute la nuit en patrouillant le camp afin de nous protéger contre les éventuels intrus sauvages, était épuisé et allait se reposer quelques heures. Ken et moi nous avons passé le relais entre nous pour maintenir un rythme de travail constant sur 20 m SSB et CW durant la journée.

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Une fois la nuit tombée, j’étais de retour sur la bande de 30 m CW. A l’encontre de la nuit précédente, à un certain moment les bandes se sont simplement tues. Ce n’était pas à cause de la radio ou de la batterie, ni de l’antenne, mais à cause de … l’aurore boréale, qui rendait le ciel en flammes! Les lueurs nordiques n’ont pas duré trop longtemps mais elles ont « tué » les bandes et de cette façon m’ont donné la chance de faire un somme de trois heures avant de me réveiller et profiter de la propagation sur 20 m.

Le jour suivant était le dernièr sur cette île. Tout à coup, le ciel s’est couvert de gros nuages de plomb. Les moustiques étaient impitoyables. Il fallait agir tout de suite. On a appelé l’hélicoptère et on a commencé à démonter le camp. Malgré le plafond nuageux bas durant le retour, le paysage était d’une beauté à couper la respiration. L’atterrissage à Nain a été très doux, mais une fois sortis de l’hélicoptêre nous nous sommes vite rendu compte combien il faisait froid et venteux, probablement près de zéro degrés si on tient compte du facteur vent.
Grâce à l’hospitalité de nos hôtes, Fran et Brian Williams, nous avons pu prendre une douche rapide, chanCezar et Chris quittent Paul Isger les réservations de nos billets-retour d’avion, prendre le dîner et dormir sur les deux oreilles. Le matin suivant on s’est réveillés rafraîchis et prêts à redémarrer. Paul est venu nous chercher en fin de matinée et nous a conduits aux quais. Henri, notre lamaneur, nous y attendait avec son canoe à moteur. Il nous a pris moins d’une demi-heure pour traverser la baie au nord de Nain et gagner l’île. Quelques minutes après le débarquement, il s’est mis à pleuvoir et cela a continué pour la plupart de la nuit.

On s’inquiétait au sujet du retour de Ken en Angleterre car celui-ci aurait pu être sérieusement affecté si la méteo avait changé soudainement. Par conséquent nous avons décidé de ne prendre aucun risque. Selon le plan, Ken devait quitter Paul Is. le lendemain matin, en souhaitant qu’il puisse prendre l’avion de Nain tout de suite. De cette façon, nous avons installé une seule tente d’opération à une vingtaine de mètres du bord rocheux.
Après l’installation de l’équipement Ken s’est lancé le premier sur la bande de 20 m SSB. A la fin d’un bref contact, il s’est aperçu que la puissance de sa radio est tombée au-dessous de 5 W et nous nous demandions si c’était la pile qu’on devait remplacer. Avec une nouvelle pile, il a essayé de faire une autre QSO, à la fin de laquelle sa radio TS-50 s’est brisée. C’était évident qu’on ne pouvait plus rien faire et donc on a pris mon IC-7000. Ken s’est habitué rapidement avec la languette de pied que mon ami George Kennedy (VE3GHK) a créée afin de libérer les mains pour l’accordage de la radio et pour noter les QSOs dans le log.

On travaillait à tour de rôle et on remplissait le registre constamment. La nuit tombée, j’ai passé sur la 30 m CW et plus tard sur la 40 m CW, où j’ai reussi à contacter un couple de stations ZL. Tard dans la nuit, les bandes se sont tues, ce qui m’a permis de me reposer. Durant le matin j’ai entendu la première station VK sur la 20 m CW, suivie par la série habituelle des stations JA et d’Extrême Orient.

Le départ de Ken a été émouvant pour moi. Nous sommes passés par tant de péripéties et vicissitudes. J’avais l’impression qu’il haïssait de me laisser tout seul là-bas, mais c’était la chose la plus raisonnable à faire et nous le savions, tous les deux. Nous avons pris une dernière photo et ensuite il a sauté dans le canoe qui l’attendait. Un dernier regard et le voilà s’éloigner petit à petit. Peu de temps après, j’ai entendu l’Otter qui arrivait et partait de Nain.
Pendant la deuxième journèe d’opération le vent s’est intensifié constamment, en fléchissant sévèrement le mât en fibres de verre de l’antenne. Notre antenne à fil vertical n’avait pas de circuits d’accordage. Ainsi, pour chaque changement de bande l’antenne devait être descendue. Normalement, une seule personne aurait pu faire facilement une telle opération, mais dans les conditions de pluie, le mât est devenu très glissant et l’aide de Paul était nécessaire afin d’éviter la chute du mât et son éclatement sur les rochers.
Chris, le fils d’Henry, est venu nous chercher, Paul et moi, pour nous amener en bateau à Nain. Contrairement à notre séjour à Finger Hill Is., les moustiques n’étaient pas la pire nuisance mais les mouches noires. Le dernier jour je me suis réveillé la joue boursouflée justement sous l’oeil gauche. Dans moins d’une heure l’inflammation m’obstruait la vue. De retour sur la terre ferme, Fran and Brian m’ont rassuré que c’était une simple réaction qui va se retirer complètement dans les jours à venir. Et pour confirmer leurs dires, le lendemain matin je me suis retrouvé… avec une réaction similaire sous l’oeil droit!

Comme mon vol de Nain était très tard dans la journée, j’ai manqué mon vol de correspondence vers Halifax. De cette manière, j’ai dû de nouveau passer la nuit à Goose Bay. A ma surprise je n’ai pu trouver aucune place ni à l’hôtel ni dans une auberge. Tout était déjà réservé. Carl Sonnichsen (VO2KDS), qui était au courant de notre passage à Goose Bay, par l’intermédiaire du blog de Brian, m’a offert une place sous son toit. Mes remerciements à Carl et sa femme, Laura (VO2YFA) pour m’avoir donné abri cette nuit-là et pour avoir partagé avec moi une soirée si agréable, en parlant de VO2A et de radio en général.

Nos carnets d’activités montrent que nous avons effectué 1700 QSOs de chaque île avec des stations situées sur six continents, au total 2200 stations différentes de 63 DXCCs. Deux tiers de ces contacts ont été faits en CW. La distribution des QSOs par continent a été la suivante: EU 59%, NA 34%, AS 6% de la NA-194 et EU 41%, NA 51%, AS 6% de la NA-205, tandis que les autres continents partagent le reste du pourcentage.
Cette aventure n’aurait pu se passer sans avoir l’aide de nos familles, en particulier de nos épouses, Lucia et Joan, dont la patience et la compréhension nous ont été indispensables. Nous voudrions remercier de même pour l‘appui financier reçu de IREF, GDXF, ICOM Canada, Chiltern DX Club, GM DX Club, Mediterranean DX Club and Clipperton DX Club.
Egalement, nous aimerions exprimer notre appréciation à Paul Fenton et LWNE pour leurs services et contribution au succès de cette expédition. Mille remerciements aux sponsors individuels les plus généreux JE1DXC, VE3JV, VE7QCR, JA8MS et JA1QXY. Nous sommes reconnaissants aussi à: EA8AKN, G3RTE, G3SWH, G4AYO, G4VMX, G4VXT, M0ADG, HE9JAT, I4MKN, IK8CNT, 7K3EOP, JA1EY, JA1BPA, JA1SKE, JA1MCU, JM1PXG, JA9IFF, W3AWU, WA3HIC, KB5GL, N5UR, N6JV, N6PYN, WA6GFE, W7AUM, K9AJ, VE3LDT, VE3UW, VE3ZZ, VE7SMP, VE9MY et VE9GLF pour leurs dons importants.
La QSL double de VO2A (via VE3LYC)

 

TM7C – 11 et 12 Juillet 2008

TM7C – Contest IOTA 2008 depuis EU-064

Traditionnellement le dernier week-end de juillet est consacré,  par la communauté radioamateur, au concours des « Islands on the Air », le fameux concours  IOTA.

C‘est l’occasion pour nombre d’entre nous soit de partir en expédition sur une île, soit de contacter les « îliens » à  partir de chez soi, bref mettre un peu d’exotisme sur les bandes ou dans son trafic personnel.

Depuis cinq ans maintenant, le RC de Provins, participe à cette compétition.

Par deux fois, en 2005 et 2006, le club a terminé « Premier Mondial » dans sa catégorie.

Devancé par une équipe croate en 2007, le RC décidait, de nouveau,  de mettre les moyens en 2008 pour tenter de reconquérir ce trophée.

Les deux piliers de l’équipe, Bernard, F9IE et son épouse Micheline nous ont encore cette année laissé envahir leur cocon de Noirmoutier, pour nous permettre de concourir en 24 heures IOTA Station fixe,  mixte et 100 watts, dans les meilleures conditions possibles.

Cinq opérateurs ont convergé dès le vendredi après midi, vers Barbâtre, Franck, F4AJQ/SSB, Flo/F5CWU/CW&SSB, Jean-Paul, F8BJI/SSB, Bruno/F5AGB/CW et Maurice/F5NQL/CW. Romain/F8BUI/CW&SSB, nous a rejoint le samedi matin en compagnie de Laura .
Avec notre hôte, Bernard/F9IE/CW/SSB/UFT,  c’est donc sept opérateurs qui allaient en découdre.

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Mais avant d’en découdre il a fallu monter quelques aériens et les stations. Ce fut le programme du samedi matin..

La  Spiderbeam , spécialité de Flo/F5CWU était montée en 45 mn et après mise sur son mât, elle était opérationnelle au bout de quelques minutes ( après avoir du ressouder une PL).
Ensuite les dipôles 40 et 80m ont été érigés, pas tout à fait comme on l’aurait voulu, suite au bris d’un mât en fibre de verre, mais ont leur a vite trouvé une orientation favorable.

Les deux transceivers étaient réglés assez rapidement et le modulations contrôlées,  grâce à quelques copains qui trafiquaient sur des châteaux (merci F5JNE et F6ICG notamment)
Restait un problème d’interférence avec la boite Internet/cluster, vite résolu, par la modification des points d’ancrage des dipôles.
Wintest, n’ayant plus de secret pour l’équipe depuis longtemps, il a suffit d’ouvrir un fichier, d’enregistrer quelques messages CW , tels « cq test TM7C » ou « 599 # EU-064 » pour être fin prêts aux alentours de midi.

L’expérience acquise par les membres de F6KOP, lors des expéditions de par le monde ou en concours,  paie maintenant à tous coups.  

Un repas autour du barbecue  pour engranger quelques forces, et dès 1200 utc , Franck, F4AJQ sur 20m SSB lançait les premiers CQ pour nos 24 heures d’effort.
La CW marchait bien sur 10m l’après midi et le soir nous avons pu engranger de nombreux QSO sur 40 et 80M à partir de 2300 à près de 100 QSO/heure pendant près de cinq heures.
Dans l’intervalle, Jean-Paul, F8BJI, sur 40m,  faisait exploser les hauts parleurs et les casques avec une modulation d’enfer.
A partir de 0400 du matin c’est surtout Flo/F5CWU, Bruno/F5AGB , Bernard/F9IE et Romain/F8BUI qui chaufferont les compteurs avec brio.

Chaque équipier dans sa meilleure spécialité , passant alternativement de run à chasse aux multiplicateurs, en CW et en SSB, nous avons ainsi pu dépasser notre  record  en QSO et en points dès 0810 utc  le dimanche.

A partir de cet instant nous sommes repartis de plus belle  et surtout à la chasse aux Anglais et Irlandais, très nombreux dans le concours qui nous apportaient en tant qu’insulaires, chacun 15 points par QSO et bande. La chasse aux multiplicateurs, s’intensifiait également, chaque nouveau valant à partir de ce moment près de 10 000 points. Nous nous appliquions a enregistrer chacun d’entre eux sur un maximum de bandes.

Les deux dernières heures furent intenses et c‘est Franck, F4AJQ qui avait inauguré le carnet de trafic, allait le clôturer  sur 10 m avec EU-008 (MM0MMK/p), DK4WF et DL3JPN.

Par rapport à notre meilleur score (2006), c’étaient près de 200 QSO , 150 multiplicateurs et 2000 000 de points de plus.
Nous avons donc de bons espoirs de ramener le trophée de cette catégorie en France.

A 1200 utc, le IOTA 2008 avait vécu.

Il nous restait partager un dernier repas,  à démonter le matériel, et repartir chacun vers son QRA en pensant déjà au IOTA 2009.

Nous avons quand même quelques regrets. La propagation capricieuse ne s’y prêtait sans doute pas , aussi les îles du Pacifique et d’Asie étaient assez rares dans notre carnet de trafic. Les Insulaires Français, à part TK5EP et FM5CD, étaient ils là ? nous n’en n’avons compté aucun autre.

TM7C était , sauf erreur,  cette année la seule équipe française, depuis un IOTA.

Merci aux quelques Clipperton qui nous ont appelés et donnés des points . Nulle doute qu’ils seront là l’an prochain pour nous aider et qu’ils en entraîneront d’autres car  

Quand F6KOP gagne, c’est aussi le Clipperton qui gagne !

Et si,  dans le IOTA 2009, F6KOP pouvait avoir un ou plusieurs équipes  concurrentes françaises , et pourquoi pas des Clipperton , ce serait sans doute assez enrichissant pour tous.

Pensez y , constituez dores et déjà une équipe !
Si certains cailloux vous effraient, sachez qu’il y a de nombreuses îles faciles d’accès et desservis par des lignes régulières : Oléron, Belle Ile, Bréhat, Batz, la Corse et tant d’autres vous attendent.

Deux victoires déjà et de bons espoirs pour un troisième titre, rien de tout cela n’aurait été possible, sans les amis du  Radio club de Provins, du  Clipperton DX Club , de l’UFT,  et aussi de Wintest et  Spiderbeam .

Mais pourtant  qu’aurions nous pu faire, nous TM7C,  sans la généreuse complicité de Micheline et  Bernard F9IE , et  celle de leurs amis de Barbâtre qui sont devenus au fil du temps , des amis, que dis-je,  des équipiers TM7C !

Au bout du compte ce sont bien eux qui auront,  une fois de plus,  mérité du IOTA.

Oserions nous l’espérer, peut être à l’année prochaine !


Mise à jour:
D’après les résultats du contest IOTA 2008, l’équipe TM7C a terminé première dans sa catégorie (IOTA FIX MS MIX 24H LP) cette année encore, et de plus s’est classée 2ème mondiale toutes catégories en « Low Power » !

J5C – Du 11 au 21 Janvier 2008


J5C 2008

Expédition en Guinée-Bissau par F6KOP

www.j5c.eu

Je me souviens encore de la première expédition du radioclub sur un IOTA Français en 1999. C’était une activité de petite envergure, nous n’avions aucune expérience et régler les détails logistiques pour opérer 2 stations à 300km de chez nous nous semblait déjà une grande aventure. Le nombre de QSO réalisés à cette époque nous ferai probablement sourire aujourd’hui, cependant nous avions pris tellement de plaisir et l’ambiance était si conviviale que le club décida de réitérer l’expérience chaque année depuis un IOTA différent en essayant d’améliorer l’organisation. En 2004, nous avons voulu essayer un challenge un peu plus difficile. Nous voulions savoir si nous aussi nous pouvions être comme ces Dxpeditioners célèbres qui nous ont tant fait rêver pendant un nombre d’heures incalculable dans nos shacks à l’écoute de leurs indicatifs exotiques. Nous avions choisi d’opérer depuis le Togo en Afrique de l’Ouest avec l’indicatif 5V7C depuis le même site que le Voodoo Contest Group avait utilisé avec succès pour le CQWW CW entre 1996 et 1998. A nouveau le nombre de contacts réalisés n’avait rien de fantastique, mais nous avons découvert nos premiers vrais pile-ups et sommes instantanément devenu « accros » au flux d’adrénaline qu’ils génèrent. Depuis, nous avons continué chaque année à améliorer l’organisation et à apprendre de nos nouvelles expériences. Nous avons ainsi opéré depuis TO7C, 5H1C et XT2C en nous concentrant toujours sur des entités DXCC semi rares. Au cours des années, nous nous sommes fait de nouveaux amis dans la communauté DX internationale et nous avons tout naturellement invité des opérateurs étrangers à venir partager leurs expériences et leur bonne humeur avec nous ; ils font depuis partie d’une équipe élargie d’opérateurs fidèles. En vue de l’activation d’une entité beaucoup plus rare d’ici à quelques années, nous devions commencer à apprendre à gérer une logistique de plus grande ampleur et commencer à réunir une équipe beaucoup plus importante. C’est ce que nous avons commencé à faire avec J5C…

Planning

Le projet J5C a commencé comme d’habitude alors que Frank/F4AJQ, notre leader, était encore en Afrique sur le chemin du retour de notre expédition précédente XT2C à Ouagadougou. Nous avons évalué plusieurs possibilités parmi un panel de destinations que nous surveillons de près en permanence et nous avons finalement choisi la Guinée-Bissau après quelques semaines. Ce n’était pas une entité particulièrement rare (#100 au classement des pays les plus recherchés publié par Dxmagazine), mais en regardant les tableaux de plus près, nous avons vu que la demande était beaucoup plus forte en Asie (#26), sur la côte Ouest de l’Amérique du Nord (#51) et globalement sur les bandes basses. En creusant un peu plus nous avons trouvé un challenge supplémentaire, puisqu’aucune station Japonaise n’avais jamais contacté J5 sur la Topband.
Les objectifs de notre expédition ont donc été défini comme suit : réaliser un minimum de 60,000 QSO, faire un effort marqué sur les bandes basses (40 à 160m), porter une attention très particulière aux régions AS/OC/NA, réaliser la première liaison bilatérale JA-J5 sur 160m et enfin augmenter au maximum le plaisir des opérateurs !
Le fait d’être au plus bas du cycle solaire allait certainement nous aider à monter une opération sérieuse sur les bandes basses. Nous avons pour cela choisi des dates situées pendant l’hiver de l’hémisphère Nord afin d’avoir un bruit de bande le plus bas possible dans la majorité des zones ciblées. Nous souhaitions une activité de 10 jours comprenant 2 week-ends, située entre le 1er janvier et le 15 février au plus tard. Nous savions que choisir de telles dates allait avoir un impact négatif sur la propagation des bandes hautes, mais il fallait bien faire un choix et nous voulions mettre toutes les chances de notre côté sur les bandes basses.
Pendant la phase de préparation, nous avons eu des difficultés à trouver un site adéquat pour notre expédition. La guerre civile qui s’est terminée en 1999 a détruit la grande majorité des structures d’hébergement et le pays ne se reconstruit que lentement. Nous n’avons pas réussi à trouver un hôtel ou une chambre d’hôtes à Bissau à un prix abordable et avec assez de terrain pour notre champ d’antennes. En fait, les quelques structures d’ébergement sont situées sur l’Archipel des Bijagos, un grand groupe d’îles situé 70km au large de la capitale Bissau. Cet endroit est un « most wanted » pour les amateurs de pêche sportive et plusieurs hôtels sont disponibles à la location… fort cher !
Après de nombreux e-mails et coups de téléphone à chaque hôtel ayant un site Internet, Frank est finalement entré en relation avec la responsable Français de « Kaza Afrikana », Gilles Delevay. C’est un club de pêche pouvant accueillir 16 personnes avec environ 10,000 m² de terrain situé sur la côte Nord-Est de l’île de Bubaque, la plus peuplée de l’archipel. Nous avons fixé les dates de notre activité entre le 11 et le 21 Janvier lorsque nous avons découvert que le mois de janvier est la saison basse pour la pêche et que Gilles nous offrait une remise substantielle si nous pouvions louer la totalité de l’hôtel pendant une partie de cette période. Kaza Afrikana était un choix judicieux pour plusieurs raisons importantes:
Tout d’abord, outre le fait que c’est un endroit équipé de tout le confort moderne et d’une liaison Internet par satellite, Gilles était déjà familier de l’émission d’amateur puisqu’il avait accueilli Jacques F6BUM quelques mois plus tôt lors de son activité J5BI. Il a ainsi été capable de s’occuper localement de déposer notre demande de licence et des fastidieuses relances à effectuer afin d’obtenir notre précieux sésame. Comme d’habitude en Afrique, tout doit être négocié. L’autorité de régulation des télécommunications nous demandait initialement de payer une licence par opérateur, soit un coût de 4,500€ à porter sur notre budget. Après plusieurs voyages à Bissau, Gilles a réussi à obtenir la possibilité de ne payer que l’équivalent de trois licences plus les habituels cadeaux aux fonctionnaires ayant « facilité » notre dossier.   Deuxièmement, l’alimentation électrique sur l’île est fournie par de vieux générateurs peu fiables. Kaza Afrikana dispose de deux gros générateurs diesel (22 & 33 kVA). Ils sont bien entretenus et pouvaient facilement fournir l’énergie nécessaire pour alimenter simultanément plusieurs stations haute puissance. Gilles a accepté de laisser tourner le plus gros générateur 24/24h pendant toute la durée de notre séjour. Il y a avait un coût lié au surplus de gasoil, mais c’était un soulagement et nous étions confiants que nous n’allions pas avoir des coupures de courant intempestives comme cela avait été le cas en Tanzanie lors de 5H1C.   Enfin, Gilles nous a proposé de nous accueillir à l’aéroport, de faciliter le passage de la douane et d’utiliser ses bateaux pour s’occuper de notre transfert à l’hôtel. Je vous en dirai plus sur cette expérience inoubliable !
La formation de l’équipe a été plus complexe que les autres années. Frank avait négocié un tarif de groupe avec Air Sénégal pour notre trajet Paris-Bissau via Dakar. Notre objectif était de trouver 16 opérateurs surs de pouvoir partir, tout en gardant un bon équilibre entre les modes et en limitant le nombre de nouveaux afin d’assurer une bonne cohésion du groupe. Le fait de ne pas trouver 16 opérateurs aurait eu pour conséquence de nous faire payer les places inoccupées et de perdre le quota de bagages associé à ces sièges. Nous avions identifié la totalité de l’équipe à la fin de l’été 2007, mais malheureusement, certains ont dû annuler en dernière minute pour raisons professionnelles. Une de ces annulations a été une douche froide lorsque Serge/F6AML le co-leader de l’expédition, mais aussi notre expert logistique et bandes basses a appris fin Octobre que ses congés étaient annulés. L’équipe finale était finalement composée de :
En Guinea Bissau

  • F4AJQ / Frank : Leader, Licence & Logistique
  • F2JD / Gérard : Sponsors Européens / Inventaire de l’équipement
  • F2VX / Gerard
  • F5JSD / Pascal : Prévisions de propagation, Informatique, Webmaster
  • F5PED / Mathieu
  • F5TVG / Franck : QSL Manager
  • F5VHQ / John : Statistiques de trafic
  • F8BJI / Jean Paul : Expert digimodes
  • F8BUI / Romain : Santé
  • F8IXZ / Jean Marc
  • F8PDR / Benoit
  • F9IE / Bernard
  • FM5CD / Michel
  • OE8KDK / Dieter
  • N2WB / Bill : Sponsors Nord Américains
  • N6OX / Bob

Equipe Support

  • F6AML / Serge : Logistique et expert bandes basses
  • F5AGB / Bruno & F4TTR / Thierry : Pilotes

{morfeo 15} Notre idée initiale était d’expédier une partie du matériel lourd et peu critique tels que les antennes, mats télescopiques et câbles coaxiaux en fret maritime plusieurs mois avant l’expédition. Cependant, après évaluation de cette solution, il est apparu que si l’envoi du matériel jusqu’à Bissau est relativement simple, les frais officieux de dédouanement sont prohibitifs et que cette procédure imprévisible peut aisément durer plusieurs mois, même avec un support local. Nous avons donc dû nous contenter du poids autorisé par Air Sénégal (560kg au total). Avec le prix du pétrole qui ne cesse d’augmenter, les compagnies changent régulièrement les règles concernant les bagages et sont devenues intransigeantes en facturant chaque kilogramme excédentaire au prix fort. Notre mot d’ordre cette année était donc « zero excès bagage », ce que nous avons réussi à faire en tenant un inventaire de tout notre matériel assorti du poids précis de chaque équipement. En nous basant sur nos expériences précédentes, nous avons choisi d’utiliser 4 stations haute puissance :

  • 3 stations dédiées à un seul mode (CW/SSB/DIGI)
  • 1 station FLEX pouvant opérer en CW et SSB

En plus, nous avions une station BACKUP barefoot pouvant trafiquer sur une bande haute en journée et pouvant servir de rechange sur une des stations principales en cas de défaillance matérielle. Afin d’augmenter l’ergonomie des stations, nous avions choisi de standardiser les équipements. Chaque position était composée d’un IC-7000, d’un ampli ACOM 1010, d’un microkeyer (CAT/CW automatique) et d’un PC portable équipé du logiciel Win-Test en réseau WIFI. La seule exception était la station DIGI qui utilisait un TS480, un ACOM 1010 et un PC portable utilisant Logger32. Un PC supplémentaire était utilisé pour les tâches logistiques (chargement quotidien du log sur Internet, statistiques de trafic et mise à jour du site web).
Notre champ d’antennes était conçu pour offrir des antennes dédiées par mode sur chaque bande entre 10 et 20m et une antenne par bande entre 30 et 160m. L’espacement entre les antennes et les emplacements ont été choisis afin de minimiser les interférences inter-stations. Nous avons porté un soin particulier à vérifier que les antennes étaient parallèles les unes aux autres lorsque nous étions dirigés vers les principales directions DX.
Les antennes étaient :

  • Spiderbeam 10/15/20m
  • Spiderbeam 12/17/30m
  • 2 x Spiderbeam 10/12/15/17/20m
  • log-yagi filaire 4 éléments 40m
  • Ground plane 80m utilisant un mat en télescopique de 18m Spiderbeam en fibres
  • L-inversé 160m utilisant un mat en télescopique de 18m Spiderbeam en fibres
  • Boucles de réception K9AY équipées d’un duplexeur permettant de les partager entre les stations 80 et 160m.

Prêts à partir !

Neuf membres de notre équipe n’habitent pas en région Parisienne, certain d’entre eux tels que N6OX, N2WB, FM5CD ou OE8KDK avaient choisi d’arriver plusieurs jour avant notre date de départ afin de faire un peu de tourisme et d’éviter tout impact lié à un éventuel retard sur leur vol vers Paris. Toute l’équipe s’est finalement retrouvée le 9 janvier chez Bruno F5AGB pour la répartition finale du matériel et la pesée des bagages. Nous étions prêts à partir et nous sommes retrouvés tôt le matin suivant à l’aéroport de Paris Orly pour un enregistrement et un voyage sans encombre vers Bissau avec une correspondance à Dakar.
Nous avons atterri à 21h à Bissau et à peine sorti de la cabine du petit Dash-8, nous avons été ravis de retrouver l’ambiance si spéciale des grandes villes côtières Africaine. C’est un mélange de chaleur, d’humidité, de poussière, de pollution et d’essences végétales très caractéristique. Dès que nous sommes entrés dans la petite salle de récupération des bagages, nous avons vu Gilles et cinq de ses employés qui nous attendait. Il a pris nos passeports et nous a simplement demandé de vérifier que l’intégralité de nos bagages étaient bien arrivés, ce qui était heureusement le cas. Après un court moment il est revenu en nous indiquant de sortir du terminal pendant que l’officier des douanes nous faisait un signe de la main. C’était la procédure de dédouanement express incluse dans notre séjour à Kaza Afrikana… Après avoir chargé les bagages sur le toit d’un minibus et de deux vieux breaks nous avons rapidement traversé la ville en direction du port. Gilles avait prévu deux bateaux, un grand de 11m équipé de deux moteurs diesel de 115ch pouvant transporter toute l’équipe pendant qu’un plus petit de 9m équipé d’un seul moteur transporterai le matériel. Une fois installés à bord, nous avons commencé la partie la plus mémorable de notre voyage. Bubaque est à environ 70km de Bissau, soit environ deux heures de navigation de nuit à une vitesse de 18 nœuds. Gilles a démarré son GPS et mis en route les moteurs bruyants avant de mettre le cap sur le premier waypoint de l’itinéraire assez complexe nous menant à destination. Il envoyait périodiquement un flash lumineux au bateau nous suivant qui n’était pas équipé de GPS afin qu’il puisse suivre notre route. La nuit était totalement noire sans clair de lune et notre bateau n’avait pas de radar. Un des employés de Gilles était allongé à l’avant de notre bateau équipé d’une lampe torche. Son rôle était de guetter les nombreuses pirogues de pécheurs naviguant sans lumière. Il envoyait régulièrement des flashes lumineux et nous pouvions voir plusieurs flashes répondre et indiquant que nous n’étions définitivement pas seuls dans ces eaux. Gilles adaptait alors légèrement son cap pour éviter les autres embarcations. La température devenait fraiche alors que nous commencions à gagner rapidement la haute mer, nous étions tous emmitouflés dans nos blousons. Seuls quelques uns d’entre nous ont remarqué que notre homme anti-collision s’était endormi sur la deuxième moitié du trajet, ceci semblait cependant sans réel problème puisque nous étions alors en eaux profondes avec probablement beaucoup moins de bateaux autour de nous… j’espère !
Nous avons accosté sur Bubaque peu avant minuit où Tina, l’épouse de Gilles nous avait préparé un merveilleux diner. Nous nous sommes rapidement réparti les lits dans les 6 chambres et avons décidé que le shack serait installé le lendemain dans la salle de séjour centrale. Nous nous sommes couchés vers 2h du matin en essayant de trouver un peu de repos avant un réveil programmé à l’aube.

Le trafic

Dès le lever du jour le Vendredi 11 janvier, nous avons fait un rapide tour d’exploration avec Gilles afin de décider du meilleur emplacement pour monter chaque antenne. L’équipe s’est ensuite séparée en petits groupes. Quatre d’entre nous on monté le shack pendant que les douze autres se sont chargé de l’assemblage des antennes. Nous étions satisfaits de voir que tous les efforts portés à l’amélioration des Spiderbeams afin d’avoir un montage plus rapide avait porté ses fruits. Toutes nos antennes ont été installées et testées lors de cette première journée, seule une des Spiderbeams à dû attendre le matin suivant pour être érigée en raison de la nuit tombante. A 1730z, un premier planning de trafic était établi jusqu’au lendemain 1200z. Nous avons ensuite fait un essai de toutes les stations à pleine puissance simultanément afin de vérifier si le groupe électrogène tenait la charge et si nous n’avions pas d’interférence inter stations. Nous n’avons rencontré aucun problème et à 1807z après un compte à rebours les quatre stations ont lancé appel en même temps du 17m/RTTY jusqu’au 40m/CW. Après quelques secondes, les premiers signaux ont été entendus et nous avons logué les premiers QSOs: F6ENY, KE3G, K0WK… Les pile-ups se formaient, nous étions sur l’air pour 10 jours non-stop !
Le Samedi matin, notre rythme de croisière a commencé à s’installer avec 6h de trafic quotidien pour chaque opérateur réparties en 3 périodes de 2h en journée, ou bien 2h en journée plus une période de 4h la nuit. Vers 1100z, nous faisions une copie de sauvegarde du log qui était utilisée par John/F5VHQ pour faire des statistiques sur notre trafic. Nous suivions particulièrement le nombre de QSO par bande, mode et région afin d’avoir un trafic équilibré. Nous comparions aussi les ouvertures de propagation constatées avec les prévisions afin de prendre en compte les ajustements nécessaires. Lorsque les statistiques étaient terminées, Pascal/F5JSD préparait un planning par station pour les 24h suivantes en allouant une bande, un mode et une antenne à chaque tranche horaire. L’équipe pouvait alors choisir ses créneaux de trafic en fonction de ses préférences. Au début de chaque période, un rapide coup d’œil sur les tables de propagations mises à jour donnait une indication à l’opérateur sur les ouvertures à surveiller de près.
Globalement, les conditions ont été légèrement meilleures que prévu, mais très variable d’un jour à l’autre. Compte tenu du fait que nous étions au plus bas du cycle solaire, plusieurs bandes se sont comportées assez différemment de ce à quoi nous étions habitués dans des zones tropicales :
10 / 12m : Nous savions que les résultats sur ces deux bandes seraient mauvais, mais ce que nous avons vécu était probablement en dessous de nos pires estimations. Les ouvertures ont été limitées à l’Europe avec seulement une poignée de stations Nord Américaines sur 12m et aucune sur 10m. Les ouvertures pouvaient être en avance ou en retard de plusieurs heures d’un jour sur l’autre, nous obligeant ainsi à surveiller les balises à l’aide de la station BACKUP afin de décider à quel moment il était judicieux d’arrêter un bon run sur une bande plus basse pour passer sur 10 ou 12m.
15m : Les conditions sur cette bande étaient acceptables avec d’assez bons run vers l’Amérique du nord, même en SSB. Les prévisions de propagation nous laissaient espérer des ouvertures en long path le matin vers les VK/ZL et le soir vers les JA, mais aucun de nos essais quotidiens n’a été fructueux.
17m : Cette bande, habituellement si prolifique, a probablement été notre plus grosse déception. Notre total de QSO est environ 20% en dessous de notre objectif avec environ 9,500 contacts. En général, la MUF mettait beaucoup de temps le matin pour passer au dessus de 18MHz, nous faisant ainsi manquer la majorité des courtes ouvertures short path vers l’Asie. Aucune des ouvertures matinales long path vers VK/ZL n’a donné de résultat. Sur environ la moitié des après-midi, la MUF est descendue si rapidement que nos run Nord Américains étaient coupés en plein milieu et que la propagation n’avait pas le temps d’atteindre la côte Ouest. Quand la bande était bien ouverte, les conditions DX étaient généralement instables avec un fort QSB. Le résultat est que la proportion de contacts Européens sur cette bande est beaucoup plus haute que nos espérances.
20m : Cette bande a été notre bête de somme. Nous y avons fait 25% de nos contacts, soit 15,555 QSO. Les conditions étaient bonnes, même si à notre surprise la bande se fermait assez tôt certain soirs. Les ouvertures étaient très prévisibles. Environ 1,200 stations Japonaises ainsi que la plupart des VK/ZL ont été contactées pendant les bonnes ouvertures matinales en long path. Les après-midi les ouvertures vers l’Amérique du Nord étaient bonnes avec des signaux confortables, même pour les stations de la côte Ouest. Nous avons trafiqué à plusieurs reprises avec deux stations haute puissance simultanément sur cette bande (CW/SSB ou DIGI/SSB) et une fois utilisé trois stations à puissance réduite, un jour où le 17m s’est fermé tôt et où le 30m n’était pas encore ouvert.
30 / 40m : Ces deux bandes ont donné de très bons résultats, les conditions étaient très bonnes et les ouvertures très répétables. Nous avons contacté de nombreuses stations d’Asie et d’Océanie en long path à notre lever de soleil. Nos deux yagis ont donné de bons résultats. Ces bandes étaient assez calmes avec de gros signaux, même des régions les plus lointaines. Il y a un phénomène difficile à quantifier mais qui est un fait, le manque de discipline sur 40m a sérieusement impacté le nombre de contact que nous avons fait sur cette bande. Outre les brouillages sur notre fréquence d’émission et les stations qui ne respectaient pas les consignes de l’opérateur lorsque celui-ci faisait des appels sélectifs vers certaines régions ; nous avons malheureusement pu constater la généralisation de deux techniques de tricherie. La première catégorie est le cas d’une station avec une voix ou un type de manipulation très caractéristique qui nous appelait avec son indicatif personnel, puis avec cinq à dix indicatifs différents. De telles stations ont généralement de très gros signaux et cela fait perdre beaucoup de temps de les ignorer dans le pile-up après avoir fait le premier QSO. La deuxième catégorie est celle que j’appellerai le « syndrome du log en ligne ». Dans ce cas de figure, il nous est arrivé de prendre l’indicatif d’une station, cependant cette station continuait à envoyer son indicatif sans report alors que nous lui avions répondu à plusieurs reprises. Puis tout d’un coup, elle envoyait un report à plusieurs reprises avec un timing totalement décalé par rapport au notre. Il est évident que dans de pareil cas, la station ne nous entendait pas et se contentait de vérifier à postériori dans le log en ligne si le contact était valide ou non. De tels cas sont facile à détecter et nous n’en avons logué aucun, cependant c’est une grande perte de temps et certaines stations répétaient le même comportement plusieurs jours d’affilée.
80m : Nous sommes très satisfaits des résultats sur cette bande, même si notre nombre de contacts (5,520 QSO) est légèrement en dessous de notre objectif de 10% du nombre total de QSO. Nous aurions pu l’atteindre si nous avions passé une soirée supplémentaire en CW sur cette bande. La demande était forte dans ce mode et nous avons essayé d’avoir deux stations simultanément en utilisant un dipôle tendu entre deux palmiers à environ 20m du sol. Malheureusement, nous n’avons pas pu résoudre les fortes interférences entre les deux stations liées à la proximité des antennes et avons dû abandonner cette idée. Des filtres de bandes très étroits permettant de réaliser ce type de configuration sont sur notre liste d’investissements à venir. Notre antenne ground plane a donné de bons résultats même si elle était à environ 120m de l’Ocean. Les boucles K9AY ont été d’une grande aide en réception. Nos couché de soleil ainsi que la plupart des nuits ont été bonnes pendant la moitié de notre séjour. L’index Kp est beaucoup monté à la moitié de notre opération, provocant une forte augmentation du bruit de bande et rendant les signaux beaucoup plus difficiles à décoder. Nos lever de soleil étaient assez décevants, les ouvertures vers la côte Ouest des Etats-Unis duraient rarement plus de 20 minutes dans les meilleurs cas ; l’autre option était une bande bruyante où nous ne pouvions recevoir aucun signal exploitable.
160m : La Topband a été au dessus de toutes nos espérances… Nous avons fait 3,368 QSO et certains soirs, les conditions ont été si bonnes que nous avons basculé en SSB avec des pile-ups de stations Européennes et Nord Américaines. Nous avons ainsi fait 512 contacts en phonie en un peu plus de 8h de trafic dans ce mode. Notre L-inversé situé à une dizaine de mètres du bord de mer a donné d’excellents résultats. Plusieurs stations Nord Américaines et Asiatiques nous ont dit que nous étions le plus fort signal jamais entendu en Afrique de l’Ouest sur cette bande. Cela fait toujours plaisir à entendre…   Un de nos objectifs sur cette bande était de réaliser au moins un contact avec le Japon. La seule possibilité était pendant une fenêtre de 30mn juste avant leur lever de soleil. C’est un chemin polaire très affecté par les perturbations magnétiques. Serge/F6AML était en contact très régulier avec Yoshi/JA3AAW afin de s’entendre sur la procédure et sur les fréquences à utiliser afin d’éviter les interférences liées aux stations de radiodiffusion asiatiques. Yoshi avait fait beaucoup de publicité sur les forums DX Japonais afin de s’assurer que les passionnés de bandes basses seraient au rendez-vous. Le Vendredi 11 janvier, Kp=1, une première tentative n’a donné aucun résultat, cependant nous recevions un e-mail de Serge le lendemain matin indiquant que nous avions été spotté par deux stations Japonaises qui nous avaient entendus. Le soir suivant, Kp=0, les conditions étaient excellentes avec un niveau de bruit à S-3 lorsque nous écoutions sur notre antenne d’émission. Pascal/F5JSD a arrêté le pile-up Européen à 2210z et a commencé à appeler lentement "CQ JA JA ONLY DE J5C J5C QSX 1822 1822 PSE K". Le temps qu’il tourne le VFO vers la portion de bande Japonaise, il a entendu un pile-up sur 1822KHz et a tout d’abord pensé qu’il faudrait du temps pour demander aux Européens de patienter. Ce n’est qu’après quelques secondes qu’il a réalisé que c’étaient TOUTES des stations Japonaises qui appelaient ! Le premier QSO a été avec le célèbre JH4UYB qui était 20dB au dessus de S-9. Les signaux étaient si forts que c’était comme gérer un pile-up sur une bande haute à 30 WPM. Malheureusement le soleil levant au Japon a mis un terme à cette ouverture et 16 stations ont été contactées en 14 minutes. Ceci a été notre meilleure ouverture vers le Japon sur la Topband. Nous avons eu deux autres soirs avec Kp=0 où nous avons pu contacter quelques JA supplémentaires ainsi que quelques stations de Russie Asiatique, de Malaisie et d’Australie.   Le phénomène le plus remarquable a été l’impact d’une variation, même minime, de l’index Kp sur la propagation. Une valeur de zéro était excellente alors qu’une valeur de 1, généralement très bonne sous nos latitudes moyennes rendait la bande beaucoup plus bruyante. Toute valeur au dessus de 2 voulait dire que nous pouvions difficilement contacter les stations Européennes. Pendant notre séjour, les conditions ont été très bonnes entre le 11 et le 13 janvier, mais une tempête magnétique majeure a eu lieu le 14 janvier avec Kp=5. Ceci a rendu le 80 et le 160m très instables pendant plusieurs jours, rendant tout contact hors de l’Europe très difficile. Les conditions sont à nouveau redevenues bonnes entre le 20 et le 22 janvier.

 

Quoi d’autre ?

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Pendant une expédition comme celle-là, il se passe toujours beaucoup de bonnes et quelques mauvaises choses à côté des pile-ups. Voici un rapide résumé de celles-ci :

 

Le 13 janvier, nous avons célébré le 65e anniversaire de Gérard/F2VX. Nous avons fait une fête le soir avec un spectacle de danse en guise de cadeau. Nous avons également passé l’information via Internet et un grand nombre de stations qu’il a contacté ce jour là lui ont souhaité un bon anniversaire sur l’air.
Le 14 janvier, lors d’une de nos vacations de nuit, alors que Gérard/F2JD opérait sur 160m, il a remarqué de légers à-coups sur son câble coaxial. Après quelques secondes, quelqu’un a tiré très fort sur le câble emportant l’ampli auquel il était raccordé. Michel/FM5CD a juste eu le temps de sauter de sa chaise pour le rattraper avant qu’il ne tombe par terre. Après une courte inspection à l’extérieur de l’hôtel, tout semblait normal et l’antenne n’était pas endommagée. Suite à cet incident, Gilles a demandé à un de ses employés de garder nos antennes situées à l’extérieur de l’enceinte de l’hôtel la nuit.

 

Le 16 janvier, nous avons eu le plaisir de contacter notre ami Alain/F6ABN qui était à Ouagadougou. Il opérait depuis le nouveau radioclub de la ville et donnait des cours de formation aux officiels Burkinabé que nous avions rencontré l’année précédente lors de notre activité XT2C. Plusieurs d’entre eux ont maintenant un indicatif et sont régulièrement actifs depuis le radioclub.
Plusieurs membres de l’équipe (F8BUI, F8BJI, F5TVG, N6OX) sont sortis deux fois en mer pour aller pêcher avec Gilles et ont ramené des quantités impressionnantes de poissons. Grace à eux nous avons eu du poisson au menu tous les jours !
Parmi les quelques problèmes techniques que nous avons rencontrés, nous avons eu des retours HF sur le micro-casque de la station SSB donnant parfois une voix métallique à l’opérateur. Nous avons mis un certain temps pour trouver la cause du problème qui a ensuite été rapidement résolu en changeant de micro casque. Un problème plus vicieux était sur notre station FLEX où un relais utilisé pour commuter le PTT de l’ampli était défectueux. Ceci avait pour effet de tronquer le premier point de chaque transmission CW, engendrant ainsi de nombreuses répétitions inutiles. Nous n’avons malheureusement pas pu résoudre ce problème localement.
Enfin, notre connexion Internet n’était pas fiable. Nous avons eu de nombreuses coupures du faisceau satellite nous privant ainsi de toute possibilité de mise à jour du site web ou du log en ligne. Cependant ceci n’était pas vraiment grave et en Afrique, tout fini par s’arranger, avec beaucoup de patience… Certaines de nos épouses étaient plus inquiètes car nous n’avons pas eu d’accès Internet pendant les deux premiers jours de notre séjour et nous ne pouvions pas dire que nous étions bien arrivés. Il n’y a pas d’accord de réciprocité GSM entre la France et la Guinée-Bissau et la téléphonie IP était notre seul moyen de communication avec nos familles… lorsque cela fonctionnait !

Le retour – Conclusion

Lundi 2 janvier, nous avons arrêté tout le trafic vers 1500z pour démonter la grande majorité des antennes. Nous avions décidé de ne conserver que les antennes légères permettant de trafiquer sur 160/80/40m ainsi qu’un sloper sur 30m pour notre dernière nuit. Ceci a été fait en à peine deux heures et nous avons repris le trafic à la tombée de la nuit. Les pile-ups étaient aussi forts qu’au premier jour. Le Mardi matin après le petit déjeuner, nous nous sommes séparés en groupes pour ranger les stations et les dernières antennes afin que tout soit chargé dans le bateau pour 1100z. Tout le monde était très calme sur le trajet du retour. A nouveau notre enregistrement et nos deux vols retour ont été sans encombre. Comme nous avions 6 heures de correspondance à Dakar, notre ami Daniel/6W7RP et son épouse qui vivent toute l’année au Sénégal nous ont rejoints à l’aéroport pour une soirée inoubliable.
Nous sommes arrivés à Paris tôt le Mercredi 23 janvier, où nous avons retrouvé nos proches avec joie et des températures 30°C plus basses qu’à Bubaque avec beaucoup plus de difficultés… Après un dernier au-revoir, tout le monde s’est séparé. Cela à pris encore quelques jours pour que nos amis Nord Américains regagnent leurs foyers.
Nous avons fait 61,939 QSO en 10 jours avec 19,213 indicatifs différents situés dans 178 entités DXCC. Nous n’avons eu aucun problème de santé ou panne matérielle sérieuse et tout a été comme prévu… sauf la propagation. Le plus gros du travail post-DXpedition est maintenant achevé. Franck/F5TVG a déjà répondu à la majorité des demandes de QSL en direct et commence à recevoir les premières demandes via bureau. Notre log est chargé sur Logbook Of The World (LoTW). Nous avons passé deux semaines inoubliables entre copains, nous avons appris de nouvelles choses, avons amélioré notre technique et travaillons déjà sur notre prochain voyage en 2009. Nous espérons que vous avez eu autant de plaisir à nous contacter que nous de organiser cette expédition et espérons vous retrouver très bientôt dans les pile-ups.

Bande CW SSB FM PSK31 RTTY SSTV TOTAL
10 577 315 25   6   923
12 691 1378         2069
15 3276 3618   126 836 37 7893
17 3830 3967   54 1699   9550
20 5698 7105   359 2393   15555
30 5193     629 2114   7936
40 3479 4245   129 1272   9125
80 2125 2767     628   5520
160 2856 512         3368
TOTAL 27725 23907 25 1297 8948 37 61939

Nous remercions nos sponsors pour leur support : Spiderbeam, Clipperton DX Club, UFT, NCDXF, INDEXA, EUDXF, Chiltern DX Club, GDXF, LSDXA, AXA, Mastrant, WinTest, DX Engineering, REF-Union, RF-Ham, RIT, la ville de Provins ainsi que les nombreux donateurs individuels listés sur notre site Internet. Nous dédions enfin cette expédition à notre regretté ami Gilles Siméon F5PVF, membre très actif de F6KOP, qui nous a quitté quelques mois avant notre départ.